PMA – un parcours semé d’embuche. Témoignage de Thiméa

« La PMA est un parcours semé d’embûches, avec beaucoup de hauts et de bas, il ne faut pas avoir peur de le dire. On oscille constamment entre espoir et désillusion, l’envie d’y croire et la peur de ne jamais y arriver. Nos émotions sont donc mises à rude épreuve en permanence. Il y a des moments où l’on a l’impression que devenir parent restera hors de portée, que ce n’est peut être pas pour nous. 

Ce qui a été le plus difficile pour moi, ce sont les échecs à répétition : lorsqu’un transfert d’embryon ne fonctionne pas, lorsque la stimulation ovarienne ne donne pas les résultats espérés par exemple. À chaque étape qui n’aboutit pas, on a la sensation de revenir en arrière, de voir son projet de famille s’éloigner encore davantage. On se sent comme une coquille vide, on doute sans cesse, on se sent impuissante avec l’impression de ne pas voir le bout du tunnel.

La PMA est également un parcours très solitaire. Bien que  les équipes médicales soient présentes et bienveillantes, elles suivent de nombreux patients et ne peuvent pas toujours consacrer beaucoup de temps à chacun. On se retrouve rapidement à devoir gérer beaucoup de choses soi-même : les traitements, les injections, l’organisation du quotidien. Il faut s’autonomiser très vite et devenir responsable de son propre parcours, ce qui représente une charge mentale importante. 

Ce parcours est d’autant plus difficile qu’il ne ressemble en rien à l’image que l’on se fait de la conception d’un enfant. Quand on décide de fonder une famille, on imagine souvent que les choses se feront naturellement, avec une certaine spontanéité et beaucoup d’innocence. En PMA, tout est encadré, médicalisé, programmé. Cela enlève une part du rêve et du mythe autour de la grossesse.

Malgré toutes ces difficultés, ce que je retiens aujourd’hui, c’est l’importance de l’espoir. Même lorsque les obstacles semblent insurmontables, il faut continuer à y croire et ne rien lâcher. Tout finit par arriver au bon moment. J’ai appris qu’il est essentiel d’être bien entouré (et ne pas oublier le conjoint qui lui aussi doit affronter ses propres doutes et désespoirs), de pouvoir compter sur ses proches et de s’autoriser à demander de l’aide lorsque c’est nécessaire. La PMA est un parcours éprouvant tant mentalement que physiquement, mais c’est aussi un parcours qui apprend la résilience, qu’on ne peut pas tout contrôler et force à avancer malgré les épreuves.