Quand tout bascule, un quotidien bouleversé. Témoignage d’Iséa – Dépistage du cancer colorectal
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Iséa, j’ai 56 ans et je suis une ancienne sportive de haut niveau.
Dans quel contexte avez-vous réalisé le test de dépistage ?
J’ai réalisé le test après avoir reçu un courrier du centre de dépistage, comme toutes les personnes âgées de 50 ans.
Qu’est-ce qui vous a motivée à faire le test FIT (Test Immunologique Fécal) ?
Mon médecin généraliste m’a fortement conseillé de le faire, car c’était le deuxième test que je recevais.
Aviez-vous des appréhensions avant de le réaliser ? Comment avez-vous vécu cette étape ?
Je n’avais aucune appréhension. J’ai fait le test simplement, sans arrière‑pensée.
Comment avez-vous appris les résultats ? Qu’avez-vous ressenti ? Comment s’est déroulée la suite du parcours ?
C’est mon médecin généraliste qui m’a appelée pour m’annoncer que le test était positif. Il a immédiatement pris rendez‑vous pour moi avec un gastroentérologue de l’Hôpital Privé d’Ambérieu‑en‑Bugey pour programmer une coloscopie.
Lors de la coloscopie, deux polypes ont été détectés, dont un malin. Le gastroentérologue m’a expliqué que cela avait été découvert à temps. Un scanner a ensuite confirmé qu’un polype situé dans le rectum était cancéreux. Un second examen à Lyon a validé le diagnostic et précisé l’emplacement exact de la tumeur.
Comment s’est déroulée votre prise en charge ?
J’ai été prise en charge par le Dr P., chirurgien. Il m’a tout expliqué en détail, avec des schémas et des mots simples, y compris les conséquences de l’opération.
J’ai également rencontré une spécialiste qui m’a présenté le matériel nécessaire, notamment les différents types de stomie* et leur fonctionnement. Une autre professionnelle me contactait régulièrement pour prendre de mes nouvelles et répondre à mes questions avant l’intervention.
Le Dr P. m’a déconseillé de chercher des informations sur Internet et m’a encouragée à lui poser directement toutes mes questions. Grâce à cet accompagnement, j’étais sereine le jour de l’opération.
*une stomie est une ouverture créée chirurgicalement sur l’abdomen pour permettre à une partie du corps (le côlon, l’intestin grêle ou la vessie) d’évacuer les déchets à l’extérieur lorsque le passage naturel n’est plus possible ou doit être mis au repos.
Avec le recul, pensez-vous que cela a changé quelque chose pour vous ? En quoi le dépistage a-t-il influencé votre parcours ?
Oui, clairement. Sans le test de dépistage, je ne serais peut‑être pas en mesure de témoigner aujourd’hui. Si le cancer avait été détecté plus tard, j’aurais probablement dû suivre une chimiothérapie et une radiothérapie, et ma survie aurait été menacée.
Grâce au dépistage, la chirurgie — même si elle a été lourde et contraignante — a suffi. La maladie a été détectée tôt, avant qu’elle ne se propage à d’autres organes.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux femmes et aux hommes concernant le dépistage ?
Il faut absolument faire les tests. C’est extrêmement important, même si cela peut faire peur. Être pris en charge tôt change tout. Nous avons beaucoup de chance, en France, d’être entièrement pris en charge.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé pour vous ?
Je parle assez facilement de ma maladie : « je parle de mon rectum comme de n’importe quelle partie de mon corps ». Je sais que cela touche à l’intime et que ce n’est pas évident pour tout le monde, mais cela m’a aidée.
J’ai eu la chance d’être entourée par un excellent chirurgien et une équipe médicale à l’écoute, avec un langage clair et accessible. Être informée de chaque étape m’a énormément rassurée.
Je suis aujourd’hui dans ma cinquième année de suivi, une étape importante pour surveiller les risques de récidive, et j’espère que les derniers examens seront bons — il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas.